La stratégie départementale d’observation du littoral manchois
La stratégie départementale d’observation du littoral manchois, mise en œuvre par les partenaires de l’Observatoire, permet de renforcer la compréhension des évolutions du littoral et de la dynamique côtière, de disposer de moyens d’évaluation et de suivi des risques liés à l’érosion et aux conséquences du changement climatique (évènements extrêmes et élévation du niveau de la mer), de mieux anticiper ces évolutions par la définition des actions à mettre en œuvre, de contribuer à affiner les choix stratégiques de gestion du trait de côte, portés par les gestionnaires du littoral.
L’organisation et les partenariats
Le dispositif départemental repose notamment sur :
- des marchés publics de prestations de services, établis depuis 2023 par le Département avec un bureau d’étude spécialisé en génie côtier et un opérateur spécialisé dans les prestations techniques par drone, pour la réalisation de campagnes d’acquisition de données morpho-sédimentaires (2 fois par an) par moyens terrestres et aériens, et la production d’indicateurs d’état côtier.
- le partenariat État-Département (2026-2029) ayant permis de créer un cadre commun pour la production, le partage, la bancarisation et la valorisation de données sur le littoral manchois, et officialisant ainsi la création de l’Observatoire du trait de côte manchois (OTCM).
- un partenariat scientifique (2024-2027) établi entre le Département et l’Institut national des sciences et techniques de la mer (INTECHMER) basé à Cherbourg-en-Cotentin, dans le cadre du projet MoCôManche pour l’étude de la mobilité du trait de Côte sur le littoral du département de la Manche. Intechmer est une équipe de recherche du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) rattachée au laboratoire universitaire des sciences appliquées de Cherbourg (LUSAC) qui dépend de l’Université de Caen.
Les partenaires techniques



L’Observatoire du trait de côte manchois bénéficie en outre, des données topographiques ou topobathymétriques produites tous les trois ans, par le Réseau d’observation du littoral (ROL) de Normandie et des Hauts de France depuis 2016, dans le cadre de sa stratégie de suivi homogène, récurrent et pérenne du littoral allant depuis la baie du Mont-Saint-Michel jusqu’à la frontière belge.
Les partenaires financiers

La stratégie de suivi et d’acquisition de connaissances mise en œuvre par les partenaires de l’Observatoire du trait de côte manchois, bénéficie de co-financements de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie et de l’État, à travers le Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires, dit Fonds vert.
Les modalités de suivi
Les suivis topographiques terrestres
Des récepteurs de géolocalisation par satellite à précision centimétrique, permettent l’acquisition de points topographiques tous les mètres, permettant d’appréhender toutes les morphologies d’estran et de dune (rupture de pente, berme, brèche…). Les levés sont réalisés préférentiellement lors de marées basses en période de vive-eau, permettant de couvrir une emprise allant de la profondeur de fermeture en limite basse jusqu’à l’arrière-dune en limite haute, intégrant donc la position du trait de côte.
Un quad est utilisé pour accéder aux stations de suivi et lever une partie des profils. Les zones en eau (bâches inondées notamment) et les cordons dunaires sont levés à pied à l’aide d’une canne topographique.



Les sites suivis par moyens terrestres

Les données produites
- des profils topographiques
- des reportages photographiques avec des reconductions de photographies à l’identique
- des indicateurs de suivi de l’évolution du littoral à partir des interprétations des données topographiques
Les suivis topographiques par drone
La topographie par drone à l’aide de levés photogrammétriques, voire de levés LiDAR (pour les sites ateliers suivis par Intechmer) permet d’établir une cartographie régulière d’un secteur littoral pour en surveiller les changements. Ainsi, il est possible de suivre l’évolution d’une plage, l’état d’un ouvrage, etc.
La topographie par drone permet de couvrir de grandes zones. Ces suivis par drone nécessitent une mission topographique préalable visant à positionner précisément des points de calages au sol, relevés par un récepteur de géolocalisation par satellite à précision centimétrique.


Les sites suivis par drone
Dans une approche complémentaire et partenariale, le Département suit une quinzaine de sites sensibles sur la façade ouest de la Manche, la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de la Manche en surveille également une quinzaine, et le Cnam-Intechmer a mis en place sept sites ateliers (projet MoCoManche). Les sites valorisés dans le cadre de l’observatoire du trait de côte manchois sont repris sur la carte ci-dessous :

Les données produites
- Une orthophotographie (image aérienne géoréférencée)
- Un modèle numérique de terrain (carte 3D)
- Un nuage de points XYZ géoréférencés et représentatifs
- Un levé de la position du trait de côte sur les secteurs d’acquisition
- Un reportage photographique avec des reconductions de photo à l’identique entre chaque campagne
Les suivis photographiques
Que ce soit lors des levés terrestres ou aériens, des suivis photographiques sont mis en œuvre pour compléter les suivis topographiques, pour une information visuelle permettant d’appréhender l’évolution du couvert végétal, le niveau d’ensablement des estrans, la formation de microfalaise, l’état des accès à la mer, etc.
Les photographies prises au sol


Les photographies prises au drone

